Un vendredi au Havre


Nous sommes partis pour Le Havre au matin du vendredi 11 octobre, sous un timide soleil d’automne, accompagnés de M. Le Cam, notre professeur principal, de Mme Belpaume et de M. Monteiro, qui nous enseigne les Arts plastiques. A dix heures trente, nous arrivions à destination. Nous avons admiré le stade Océane, situé à l’entrée de la ville, puis nous avons longé l’abbaye de Graville, nichée sur la colline du même nom. Le bassin Vauban regorgeait de beaux voiliers, impatients de s’élancer sur les flots pour la Route du café (ou Transat Jacques Vabre). D’autres bateaux, plus petits ceux-là, naviguaient un peu plus loin sur les eaux du bassin du Commerce, face au Volcan d’Oscar Niemeyer (1907-2012), un théâtre blanc, au galbe élancé, conçu par cet architecte brésilien, célèbre et novateur, qui vécut très vieux. C’est une architecture plus conventionnelle, mais non moins efficace, que nous avons découverte en parcourant les grands axes du centre-ville, celle d’Auguste Perret (1874-1954), qui conçut les plans de la reconstruction du Havre après les bombardements funestes de septembre 1944.

Pendant notre circuit dans la cité Perret, nous avons remarqué un monument récent et impressionnant, œuvre du sculpteur Vincent Ganivet (né en 1976) : l’Arche ou Catène des containers. Deux arches de containers forment une chaînette. La plus grande, qui culmine à 25 mètres, contient 21 containers ; la seconde, plus basse, en comprend 15. Cette œuvre, réalisée en 2017 pour les 500 ans de la création du Havre par François I°, était destinée à disparaître après les festivités, mais en raison de son succès, de sa popularité, elle demeure pour le plus grand bonheur des promeneurs et fait désormais partie du paysage urbain de la cité Perret. Située au bout de la rue de Paris et de ses arcades, face au port et à ses paquebots géants, elle marque les esprits par son originalité et sa gaieté, issue de ses couleurs.

Nous avons fait une halte à l’église Saint-Joseph, aux vitraux chaleureux, dont la tour culmine à la hauteur de 107 mètres. Nous sommes ensuite allés au Muséum d’Histoire naturelle où un conférencier, près d’une ruche, nous a parlé de la vie des abeilles. L’appétit aiguisé par l’air de la mer, nous avons traversé la ville pour nous rendre à Saint-Michel, une église moderne dans le sous-sol de laquelle nous nous sommes restaurés joyeusement.

Le repas terminé, nous nous sommes dirigés vers la mer et nous avons examiné une sculpture imposante baptisée le Signal. Cette œuvre de marbre et de béton, qui fait face à l’entrée du port, pèse 220 tonnes. Elle a été érigée en 1960 par Henri-Georges Adam (1904-1967) pour l’inauguration, une année plus tard, par l’écrivain et ministre André Malraux, du musée d’Art moderne, aujourd’hui MuMa. C’est justement dans ce haut lieu de la culture que nous sommes entrés peu après pour découvrir et apprécier les peintures chaleureuses de Raoul Dufy (1877-1953), le plus havrais des peintres français.

Cette visite achevée, nous avons rencontré, dans le hall d’entrée du musée, un peintre dont M. Le Cam nous avait parlé en classe et dont nous connaissions quelques œuvres. Gilbert Dupont, appelé « Bergil », est également musicien. Il vit au Havre depuis toujours et il aime représenter sa ville, le port notamment, sur des tableaux originaux et poétiques. Il a répondu à nos questions avec beaucoup de gentillesse et de simplicité, puis il nous a offert un élégant livret intitulé « Docks », où l’on peut apprécier son art subtil et inspiré. Bergil est devenu l’ami havrais de la classe. Il restera en relation avec nous jusqu’ à la fin de l’année scolaire et peut-être au-delà.

Il était temps de rentrer vers Montigny. Nous sommes remontés dans l’autocar très satisfaits de notre journée et déjà nostalgiques de cette ville à laquelle nous nous sommes d’emblée attachés. Longeant le quai du port autonome, nous avons salué le Viking Jupiter, un paquebot flambant neuf, et le ferry Baie de Somme qui assure, ainsi que l’Etretat, une liaison quotidienne avec la ville anglaise de Portsmouth.

Les élèves de sixième 3 et leur professeur de français